à propos

Noémie est née en 1980. Très jeune elle fut attirée par l’art plastique, s’essaya au collage, au dessin avant de s’intéresser aux pinceaux et toiles. Viennent les influences extérieures et sociétales : l’injustice même dans l’école républicaine, la compétition, le désastre environnemental, l’hyper industrialisation, la société de consommation et l’emprise des médias sur la fabrication de l’opinion.


Puis  le voyage au Mexique qui a ouvert la porte à d’autres grammaires picturales, l’amour et l’exposition à  d’autres cosmogonies et manières d’être dans la société. Il y a également une place non négligeable qu’occupent les peintures nées de la révolution, ses héroïnes rebelles comme Olympes de Gouges, Tina Motodi, ainsi que ces magiciens de l’image qui sont Jérôme Bosch, De La Tour et d’autres. Et  enfin les muses secrètes, qui maintiennent le fil rouge du travail de Noémie : le monde rural, la permanence de la nature vivante, les hommes, les bêtes. De ces influences naissent sa peinture, une interrogation permanente retrouvée dans chaque tableau, un regard sur les hommes et des hommes dans leur espace vital.


 Peinture subversive aux traits décalés, couleurs vives qui expriment avec provocation nos précipices, nos interrogations, nos insuffisances et en filigrane  l’inébranlable lien entre les hommes et les  bêtes. Noémie par sa peinture nous rappelle cette vérité fondamentale que les hommes et les bêtes ont un destin mêlé, liés par les liens naturels qui sont la terre, les végétaux, la faim, la soif, le mouvement, la violence, la compassion.

Cette permanence de l’anthropomorphisme et de la zoanthropie nous renvoie à la part d’ombre en nous, révèle les instincts, suggère jalousie et répulsion, anéantit l’arrogance matérialiste par ce jeu sans cesse d’alter égo. 


En filigrane Noémie pose en permanence la question  de l’évolution humaine, à savoir si les têtes qui pensent  ont-ils vraiment pris la suprématie sur les bêtes ? Et quelle qu’en soit la réponse à cette question, le résultat est-il émancipateur ou destructeur ? Noémie ne donne pas la réponse, n’affirme rien. Mais avec son humour grinçant et sa technique redoutable d’ombres portées, de regards furtifs et parfois durs de ses personnages, elle n’en dit pas moins. C’est un ensemble cohérent, insistant, qui suggère une déconcertante vérité sur la nature humaine.


Noémie repose ces questions sous de multiples formes, souvent par le subterfuge du double ou même du triple sens, des images cachées dans l’image dominant, des ombres expressives, des contours nuancés pour donner du volume au personnage, amplifier le sens du message. On se retrouve donc avec un condensé de message à chaque tableau, des personnages souvent insaisissables, parfois durs, quelquefois tendres, mais invariablement des archétypes immortalisés.


Olympe de Gouges dit ceci de saisissant qui en une phrase résume avec élégance notre propos : « Je suis, dans mes écrits, l'élève de la nature; je dois être, comme elle, irrégulière, bizarre même; mais aussi toujours vraie, toujours simple ».
Vous êtes en face d’une œuvre vraie, élaborée avec humilité et sincérité.


Marc SEKPON